Départ d’un colocataire : faire les comptes

Mis à jour le 22 octobre 2026 · 7 min de lecture

Quand un colocataire part, on solde ses comptes en trois blocs : sa part de loyer jusqu’à la fin de son préavis, sa part des dépenses et factures communes, puis sa part de caution. Le bail continue pour ceux qui restent, d’où l’intérêt de tout chiffrer avant qu’il ne rende ses clés.

Le préavis : la date qui fixe tout

Un colocataire peut donner congé seul, sans l’accord des autres. Il l’envoie au bailleur par lettre recommandée avec avis de réception, par acte de commissaire de justice ou en main propre contre récépissé. Son départ ne met pas fin au bail : il continue avec ceux qui restent.

Le préavis court à partir du jour où le bailleur reçoit le congé. Sa durée dépend du logement :

LogementPréavis du locataire
Meublé1 mois, sans justificatif
Vide, en zone tendue1 mois, en le mentionnant dans la lettre de congé
Vide, hors zone tendue3 mois, ou 1 mois dans certains cas justifiés (mutation, perte d’emploi, premier emploi, RSA ou AAH, raison de santé…)

La fin du préavis, c’est la date d’effet du congé. Elle sert à trois choses : arrêter sa part de loyer, borner sa solidarité et dater son solde de sortie. Notez-la tout de suite.

Le solde de sortie : ce qu’il doit, ce qu’on lui doit

Le solde de sortie, c’est la différence entre ce que le colocataire a payé pour le groupe et ce qu’il aurait dû payer. Trois postes reviennent à chaque fois.

Le loyer au prorata du jour de départ

Le loyer et les charges restent dus jusqu’à la fin du préavis. Le dernier mois se calcule au prorata des jours. Si un remplaçant s’installe et entre dans le bail avant la fin du préavis, le sortant peut cesser de payer à partir de cette date.

Entre colocataires, la règle est la même : part mensuelle ÷ jours du mois × jours de présence. Pour répartir le loyer entre chambres de tailles différentes, le calculateur de répartition du loyer fait le calcul selon la surface.

Les dépenses communes

Courses, produits ménagers, petit électroménager remplacé à frais partagés : reprenez tout ce qui a été payé depuis la dernière remise à zéro des comptes. Si personne ne tenait les comptes, fixez ensemble une période raisonnable plutôt que de fouiller deux ans de tickets.

Les factures qui arrivent après le départ

Électricité, eau, internet : les factures tombent souvent après coup. Le principe est simple : chacun paie la période où il était là. Une facture d’électricité de juillet-août reçue en septembre se partage entre les colocataires présents en juillet-août, même si l’un d’eux est parti entre-temps. Une régularisation annuelle de charges se répartit au prorata des mois de présence de chacun.

La caution, ou dépôt de garantie

Avec un bail unique, le bailleur ne rend le dépôt de garantie qu’au départ du dernier colocataire, après l’état des lieux de sortie. Le colocataire qui part ne peut pas lui réclamer sa part. Il se tourne vers les autres.

La solution courante : le remplaçant rachète la part du sortant. Il la lui verse directement, et récupérera lui-même cette somme à la fin du bail. Sans remplaçant, les colocataires restants peuvent la lui rembourser, ou convenir qu’il attendra la fin du bail.

Avant de racheter une part, faites un état de la chambre et des parties communes, photos datées à l’appui. Le remplaçant ne doit pas hériter d’une retenue pour des dégâts qu’il n’a pas causés. Pour aller plus loin, lisez notre guide sur la caution en colocation.

Avec des baux individuels, chacun a son propre dépôt de garantie : le bailleur le rend au sortant selon l’état des lieux de sa chambre.

La clause de solidarité

Beaucoup de baux de colocation contiennent une clause de solidarité. Elle permet au bailleur de réclamer à n’importe quel colocataire la totalité du loyer impayé, et pas seulement sa part.

Pour le colocataire qui part, et pour la personne qui s’est portée caution pour lui, la loi encadre la durée de cette solidarité (article 8-1 de la loi du 6 juillet 1989, issu de la loi ALUR) :

  • elle prend fin à la date d’effet du congé si un nouveau colocataire figure au bail à cette date ;
  • sinon, elle s’éteint au plus tard six mois après la date d’effet du congé.

Un sortant a donc tout intérêt à ce que son remplaçant soit inscrit au bail avant la fin de son préavis. Sans clause de solidarité, il ne doit que sa part, jusqu’à la fin de son préavis. Dans tous les cas, le bailleur dispose de trois ans pour réclamer un impayé.

L’avenant au bail

Le remplaçant entre en général dans le bail par un avenant signé par le bailleur et les colocataires. C’est ce document qui en fait un colocataire « figurant au bail ». Le bailleur n’est pas obligé d’accepter le candidat proposé : présentez-lui un dossier complet tôt dans le préavis. L’avenant peut aussi préciser la reprise de la part de dépôt de garantie et, le cas échéant, la nouvelle caution.

Exemple chiffré complet

Léa, Hugo et Inès partagent un meublé. Loyer : 1 650,00 € charges comprises, soit 550,00 € chacun. Dépôt de garantie : 1 500,00 €, versé à parts égales (500,00 € chacun). Léa paie le loyer au bailleur le 1er de chaque mois.

Hugo envoie son congé, reçu par le bailleur le 14 août. Préavis d’un mois : la date d’effet est le 14 septembre. Sarah signe l’avenant le 10 septembre et emménage le 15.

  1. Loyer de septembre (30 jours), payé par Léa : part de Hugo = 550,00 × 14 ÷ 30 = 256,67 € ; part de Sarah = 550,00 × 16 ÷ 30 = 293,33 €. Total : 550,00 €.
  2. Électricité de juillet-août : 96,00 €, reçue le 20 septembre, payée par Inès. Hugo était là : 96,00 ÷ 3 = 32,00 €.
  3. Courses du 2 septembre : 45,60 € payées par Hugo pour les trois. Part de chacun : 15,20 €. Léa et Inès doivent chacune 15,20 € à Hugo.

Hugo doit 256,67 + 32,00 + 15,20 = 303,87 €. Il a payé 45,60 €. Son solde : − 258,27 €.

Remboursements, avec lui seul :

  • Hugo verse à Léa 256,67 − 15,20 = 241,47 € ;
  • Hugo verse à Inès 32,00 − 15,20 = 16,80 €.

Total : 258,27 €. Le compte est soldé.

Caution : Sarah rachète la part de Hugo et lui verse 500,00 €. Au final, Hugo récupère 500,00 − 258,27 = 241,73 €. Comme Sarah figurait au bail avant le 14 septembre, la solidarité de Hugo s’arrête le 14 septembre.

La méthode en quatre étapes

  1. Fixez la date d’effet du congé et, si possible, celle de l’entrée du remplaçant.
  2. Calculez la part de loyer du dernier mois au prorata des jours.
  3. Listez les dépenses communes et les factures attendues, période par période.
  4. Réglez la caution : rachat par le remplaçant ou accord écrit entre colocataires.

Une application de comptes partagés évite de refaire ces calculs à la main. Dans Bons Comptes Bons Amis, le départ d’un colocataire se saisit au jour près : l’app calcule son solde de sortie, propose les remboursements avec lui seul et garde la trace de sa part de caution. Pour un calcul ponctuel, le calculateur de partage des dépenses suffit.

Sources : Service-public.fr, préavis du locataire, Service-public.fr, dettes du colocataire après son congé, Légifrance, article 8-1 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, ANIL, colocation avec un contrat unique.

Ce guide est informatif et ne remplace pas un conseil juridique.

Questions fréquentes

Un colocataire qui part récupère-t-il sa part de caution ?

Avec un bail unique, le bailleur ne rend le dépôt de garantie qu’au départ du dernier colocataire. Le sortant récupère en général sa part auprès de son remplaçant ou des colocataires qui restent, par accord entre eux.

Combien de temps un colocataire reste-t-il solidaire après son départ ?

Si le bail contient une clause de solidarité, elle prend fin à la date d’effet du congé lorsqu’un nouveau colocataire figure au bail. Sinon, elle s’éteint au plus tard six mois après cette date.

Comment calculer le dernier loyer d’un colocataire qui part en cours de mois ?

On divise sa part mensuelle par le nombre de jours du mois, puis on multiplie par le nombre de jours où il est encore locataire, jusqu’à la date d’effet de son congé. Par exemple, 550 € sur un mois de 30 jours pour 14 jours donne 256,67 €.

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