En colocation, les charges se répartissent le plus souvent à parts égales, car chacun profite autant de l’eau, du chauffage, de la box ou des parties communes. Le plus important est de savoir quelles charges passent par le propriétaire, lesquelles sont à votre nom, et qui avance quoi chaque mois.
Les charges payées au propriétaire
Les charges locatives, aussi appelées charges récupérables, sont des dépenses réglées par le propriétaire et que le locataire lui rembourse : eau, chauffage collectif, entretien et électricité des parties communes, ascenseur, certaines taxes.
En colocation, la loi permet deux modes de paiement :
- Les provisions sur charges : un montant fixe chaque mois, puis une régularisation au moins une fois par an en comparant les provisions aux dépenses réelles. Le propriétaire rembourse le trop-perçu ou réclame le complément.
- Le forfait de charges : un montant fixé dans le bail, payé avec le loyer, révisable chaque année, sans régularisation ultérieure. Il ne doit pas être manifestement disproportionné.
Avec des provisions, pensez à la régularisation : si un colocataire part en cours d’année, mettez-vous d’accord sur qui supporte un éventuel complément ou profite d’un remboursement. Le plus simple est de le partager au prorata du temps passé dans le logement pendant la période régularisée.
La taxe d’ordures ménagères
La taxe d’enlèvement des ordures ménagères (TEOM) est payée par le propriétaire avec la taxe foncière, mais elle fait partie des charges récupérables : il peut vous la refacturer, en général lors de la régularisation annuelle. Elle se partage comme les autres charges.
Et la taxe d’habitation ?
La taxe d’habitation sur la résidence principale est supprimée pour tous les foyers depuis 2023. Une colocation qui est la résidence principale de ses occupants n’y est donc plus soumise. La redevance télé (contribution à l’audiovisuel public) est, elle aussi, supprimée depuis 2022.
Les charges à votre nom
L’électricité et le gaz
L’électricité du logement se souscrit directement par le locataire, comme le gaz quand le chauffage est individuel. En colocation, un seul colocataire est souvent titulaire du contrat. Il avance la facture et les autres le remboursent. Le partage à parts égales est la norme ; un ajustement peut se discuter si un colocataire est absent plusieurs mois ou utilise un radiateur d’appoint.
La box internet
Un abonnement au nom d’un colocataire, partagé à parts égales. Précisez dès le départ ce qui se passe si le titulaire part : transfert de l’abonnement, résiliation, frais éventuels.
L’assurance habitation
Elle est obligatoire, au moins contre les risques locatifs (incendie, explosion, dégâts des eaux), avec une attestation à fournir chaque année au propriétaire. Trois options :
- un contrat commun qui nomme tous les colocataires, partagé à parts égales ;
- des contrats individuels, chacun payant le sien ;
- une assurance souscrite par le propriétaire pour le compte des colocataires, si le bail le prévoit, dont la cotisation est récupérée avec le loyer.
Avec un contrat commun, vérifiez qu’il couvre bien les biens de chacun et mettez-le à jour à chaque changement de colocataire.
Courses communes et dépenses personnelles
C’est souvent là que naissent les tensions. Une règle simple :
- Communes : produits d’entretien, papier toilette, sel, huile, café si tout le monde en boit. Partagées à parts égales.
- Personnelles : tout ce qu’une seule personne consomme. Chacun les paie et les range à part.
- Repas partagés : partagés entre ceux qui ont mangé, pas entre tous.
Une liste de courses commune évite les doublons. Dans l’app Bons Comptes Bons Amis, les articles cochés deviennent une dépense partagée en un geste ; les colocataires sur iPhone utilisent la version web, sans rien installer.
Exemple chiffré
Trois colocataires, un mois type :
- Léa verse au propriétaire la provision sur charges : 150,00 €, et paie l’assurance commune : 27,00 € ;
- Hugo paie l’électricité : 90,00 €, et les courses communes du mois : 180,00 € ;
- Inès paie la box internet : 36,00 €.
Total des dépenses communes : 150,00 + 27,00 + 90,00 + 180,00 + 36,00 = 483,00 €, soit 161,00 € par personne.
| Colocataire | A payé | Doit | Solde |
|---|---|---|---|
| Léa | 177,00 € | 161,00 € | +16,00 € |
| Hugo | 270,00 € | 161,00 € | +109,00 € |
| Inès | 36,00 € | 161,00 € | −125,00 € |
| Total | 483,00 € | 483,00 € | 0,00 € |
Pour être quittes, deux virements suffisent : Inès verse 109,00 € à Hugo et 16,00 € à Léa. L’outil qui doit combien à qui fait ce calcul pour n’importe quel groupe.
Comment éviter les tensions
- Listez les charges dès l’entrée : montant, titulaire du contrat, jour de prélèvement, mode de partage.
- Distinguez loyer et charges : le loyer peut se partager selon les chambres (voir comment partager le loyer), les charges plutôt à parts égales.
- Notez chaque dépense le jour même, avec le ticket ou la facture. Les souvenirs flous coûtent plus cher que les montants.
- Soldez régulièrement, une fois par mois par exemple, plutôt que de laisser une dette grossir.
- Prévoyez les départs : régularisation de charges, contrats à transférer, dernière facture d’énergie à partager au prorata des jours.
Sources : Service-public.fr, Colocation : quelles sont les règles ?, Service-public.fr, Charges locatives, Légifrance, article 8-1 de la loi du 6 juillet 1989, impots.gouv.fr, Taxe d’habitation, Service-public.fr, Redevance télé.
Ce guide est informatif et ne remplace pas un conseil juridique.
Questions fréquentes
Le propriétaire peut-il demander un forfait de charges en colocation ?
Oui. En colocation, les charges peuvent être payées par provisions avec une régularisation annuelle, ou par un forfait inscrit dans le bail. Le forfait est révisable une fois par an et ne donne lieu à aucune régularisation.
Qui doit souscrire l’assurance habitation dans une colocation ?
Les colocataires doivent être assurés au moins contre les risques locatifs. Ils peuvent souscrire un contrat commun qui les nomme tous, ou chacun un contrat individuel. Le bail peut aussi prévoir que le propriétaire souscrive pour leur compte et récupère la cotisation.
Les colocataires paient-ils la taxe d’habitation ?
Non, pas pour une résidence principale : la taxe d’habitation y est supprimée pour tous depuis 2023. La taxe d’enlèvement des ordures ménagères, elle, peut être refacturée par le propriétaire dans les charges.