Il n’existe pas de bonne réponse unique : le 50/50 est simple et convient quand les revenus sont proches, le prorata des revenus laisse à chacun la même proportion de son salaire quand ils sont éloignés. Le bon choix est celui que vous comprenez tous les deux et que vous pouvez revoir quand la situation change.
Le 50/50 : simple et lisible
Chacun paie la moitié des dépenses communes : loyer, courses, énergie, abonnements partagés. Le calcul est immédiat et personne n’a à dévoiler son salaire.
Ses limites apparaissent quand les revenus s’écartent. À dépenses égales, celui qui gagne le moins consacre une part bien plus grande de son revenu au foyer. Le couple peut alors vivre au rythme du plus petit budget, ou l’un des deux se sentir à l’étroit.
Le prorata des revenus : la même proportion pour chacun
Chacun contribue en proportion de ce qu’il gagne. La part de chacun = son revenu ÷ total des deux revenus. On applique ensuite ce pourcentage aux dépenses communes.
Camille gagne 3 200,00 € net par mois, Sam 1 800,00 €. Total : 5 000,00 €. Leurs dépenses communes s’élèvent à 2 000,00 € : loyer 1 200,00 €, courses 500,00 €, énergie et internet 150,00 €, assurances et abonnements 150,00 €.
| Camille | Sam | |
|---|---|---|
| Revenu net | 3 200,00 € | 1 800,00 € |
| Part au prorata | 64 % | 36 % |
| Contribution en 50/50 | 1 000,00 € | 1 000,00 € |
| Reste après 50/50 | 2 200,00 € | 800,00 € |
| Contribution au prorata | 1 280,00 € | 720,00 € |
| Reste après prorata | 1 920,00 € | 1 080,00 € |
En 50/50, Sam consacre 56 % de son revenu au foyer, Camille 31 %. Au prorata, chacun y consacre 40 % et garde 60 % de son revenu pour lui.
Variante possible : un prorata calculé sur le revenu après dépenses personnelles fixes, comme un crédit étudiant ou une pension versée pour un enfant d’une précédente union. Il faut alors s’entendre sur ce qui compte comme « fixe ».
Le reste à vivre : le bon indicateur
Le reste à vivre, c’est ce qui reste à chacun une fois sa part des dépenses communes payée. C’est lui qui dit si un partage tient dans la durée. Posez-vous deux questions :
- Chacun peut-il couvrir ses dépenses personnelles (transport, vêtements, loisirs) et épargner un peu ?
- L’écart de reste à vivre entre vous est-il accepté par les deux, sans rancœur d’un côté ni gêne de l’autre ?
Si l’une des réponses est non, la méthode mérite d’être ajustée, quelle qu’elle soit.
Dépenses communes ou personnelles : tracer la frontière
La plupart des tensions viennent moins de la règle de partage que de ce qu’on met dedans. Listez ensemble :
- Toujours communes : logement, charges, courses du foyer, assurance habitation, dépenses liées aux enfants.
- À discuter : voiture utilisée surtout par l’un, vacances, restaurants, cadeaux aux familles, animaux.
- Personnelles : vêtements, loisirs individuels, abonnements que l’autre n’utilise pas, téléphone.
Une règle utile : une dépense est commune si vous l’auriez faite ensemble, même si un seul l’a payée.
Le compte joint : pratique, pas obligatoire
Un compte joint simplifie la gestion : chacun y verse chaque mois sa contribution, en 50/50 ou au prorata, et les dépenses communes sont prélevées dessus. Les comptes personnels restent séparés pour le reste.
Deux points de vigilance. D’abord, selon la convention signée avec la banque, chaque cotitulaire peut en général être tenu de la totalité d’un découvert. Ensuite, un compte joint suppose de la transparence sur ce qui y entre et en sort.
Sans compte joint, on peut avancer les dépenses chacun de son côté et équilibrer chaque mois. Une application de comptes partagés suffit : dans Bons Comptes Bons Amis, une dépense peut se répartir par parts (par exemple 64 et 36) et le solde du mois s’affiche tout seul. Pour un calcul ponctuel, le calculateur de partage des dépenses fait l’affaire.
Ce qui change avec un PACS ou un mariage
Vivre en couple sans être pacsés ni mariés ne crée pas de règle générale de contribution ou de solidarité : chacun répond des dettes qu’il a contractées, sauf s’il s’est engagé lui-même, par exemple en cosignant un bail ou un crédit.
Le mariage
Sauf contrat de mariage contraire, les époux contribuent aux charges du mariage à proportion de leurs facultés respectives (article 214 du Code civil). La loi retient donc, par défaut, une logique proche du prorata.
Chaque époux peut seul passer les contrats nécessaires à l’entretien du ménage ou à l’éducation des enfants, et l’autre en est solidaire (article 220 du Code civil). Cette solidarité ne s’applique pas :
- aux dépenses manifestement excessives, au regard du train de vie du ménage ;
- aux achats à tempérament et aux emprunts faits sans le consentement des deux, sauf s’il s’agit de sommes modestes nécessaires à la vie courante et dont le total n’est pas manifestement excessif.
Le PACS
Les partenaires se doivent une aide matérielle qui, sauf accord contraire, est proportionnelle à leurs facultés respectives. Ils sont solidaires des dettes contractées par l’un d’eux pour les besoins de la vie courante, avec les mêmes exceptions que pour les époux (article 515-4 du Code civil).
Choisir et réviser
- Listez vos dépenses communes et leur montant mensuel.
- Comparez le reste à vivre de chacun en 50/50 et au prorata.
- Choisissez la méthode qui vous convient à tous les deux.
- Revoyez-la à chaque changement important : nouvel emploi, naissance, déménagement.
Sources : Légifrance, article 214 du Code civil, Légifrance, article 220 du Code civil, Légifrance, article 515-4 du Code civil.
Ce guide est informatif et ne remplace pas un conseil juridique.
Questions fréquentes
Comment calculer un partage au prorata des revenus ?
Divisez le revenu de chacun par le total des deux revenus pour obtenir sa part en pourcentage, puis appliquez ce pourcentage aux dépenses communes. Avec 3 200 € et 1 800 €, les parts sont de 64 % et 36 %.
Le partage 50/50 est-il injuste ?
Pas forcément. Il convient bien quand les revenus sont proches. Quand l’écart est grand, il peut laisser à l’un beaucoup moins de marge qu’à l’autre, ce que le prorata corrige.
Suis-je responsable des dettes de mon conjoint ou partenaire de PACS ?
Les époux et les partenaires de PACS sont solidaires des dettes de la vie courante contractées par l’autre, sauf dépenses manifestement excessives, achats à tempérament et emprunts non consentis par les deux, hors petites sommes nécessaires à la vie courante. En union libre, il n’existe pas de règle générale équivalente.